Un peu d’histoire

Évaluation de la langue française à l’UdeM



Au cours de son histoire, l’Université de Montréal a toujours cherché à se montrer à la hauteur de son statut de grand établissement d’enseignement universitaire francophone en Amérique du Nord. À ce titre, elle a depuis longtemps pris des dispositions lui permettant de vérifier que les candidats non francophones qui s’inscrivaient dans ses programmes avaient une connaissance de la langue suffisante pour pouvoir suivre avec profit ses enseignements. Ces dispositions touchaient les candidats non francophones demandant l’admission au premier cycle et, sur demande d’une direction de programme ou de faculté, ceux des cycles supérieurs. Le test Laval, utilisé pour cette évaluation, était déjà en vigueur dans les années 70.

Par ailleurs, en réponse à des préoccupations émises par la communauté universitaire dans les années 80, elle a entrepris, comme d’autres universités l’ont fait à la même époque, un processus de vérification de la maîtrise du français de tous ses admis et obligé ceux dont l’évaluation n’était pas satisfaisante à suivre des cours d’appoint. Dès 1989, tous les étudiants devaient donc passer le Test de français Laval-Montréal (TFLM). Toutefois, lorsque le ministère de l’Éducation a eu mis en place l’Épreuve de français dont la réussite est devenue obligatoire, à compter de 1998, pour l’obtention du Diplôme d’études collégiales, l’obligation de passer le TFLM a été levée pour les diplômés de cégeps francophones.

Il y a donc à l’Université de Montréal, depuis la fin des années 80, des processus d’évaluation linguistique dont les finalités sont différentes. Les annuaires et guides d’admission, depuis 2000, précisent ainsi la distinction entre la connaissance du français, attestée par des études antérieures en français ou par la réussite d’un test, et la maîtrise du français, généralement associée à la réussite d’une épreuve.

Comme les exigences linguistiques s’appliquaient au moment de l’admission à un programme, c’était le service chargé de l’admission qui convoquait les candidats aux divers tests et les faisait passer. En 2001 cependant, l’Université adoptait sa Politique de maîtrise de la langue française dans les études et en confiait la mise en application au Centre de communication écrite (CCE). Avec la collaboration des facultés, le CCE a mené un projet pilote et effectué diverses études qui se sont conclues, entre autres, par l’adoption d’un nouveau test pour l’évaluation de la connaissance du français, le Test de français international (TFI). Ce test a été imposé dans certaines facultés dès 2004, et le règlement exigeant un seuil minimum de connaissance de la langue pour tout candidat dont les études antérieures n’ont pas été faites en français est en vigueur pour la quasi-totalité des programmes de premier cycle depuis l’automne 2006. Pour l’évaluation de la maîtrise du français, nécessaire dans certains programmes, le TFLM continue d’être utilisé.


Connaissance du français

Condition d’inscription à un programme jusqu’en 2006

La réussite au test Laval était généralement une condition d’inscription à un programme. Les directions de facultés et de programmes, conjointement avec les responsables de l’admission, avaient établi les seuils en deçà desquels les candidats évalués n’étaient pas autorisés à s’inscrire à leurs programmes. Pour les programmes de traduction de la Faculté des arts et des sciences, la réussite du test de connaissance du français était cependant une condition d’admissibilité.

Test Laval employé jusqu’en 2004

Le test Laval comporte 100 questions à choix multiple réparties en trois sections : compréhension orale, grammaire, vocabulaire. Les résultats obtenus correspondent à des niveaux de connaissance linguistique. Jusqu’en 2004, les guides d’admission précisaient les seuils à atteindre : plusieurs programmes de la Faculté de l’aménagement, de même que ceux de l’École d’optométrie, de la Faculté des sciences infirmières ainsi que le programme d’Études françaises exigeaient 70 %; les facultés de Médecine, de Médecine dentaire et de Pharmacie demandaient 83 %.


La Faculté des sciences de l’éducation, de même que les programmes de rédaction, de journalisme, de communication, de traduction et de français, langue seconde, pour non-francophones de la Faculté de l’éducation permanente avaient des exigences et des tests particuliers.

Test de français international (TFI) à partir de 2004

Comme on peut le lire sur le site du Centre de communication écrite, le TFI est un test objectif de 180 questions évaluant la compréhension du français oral et écrit. Ce test a été retenu par le CCE parce qu’il présente des avantages importants. Conçu par Educational Testing Service, une entreprise renommée pour son expertise en évaluation, le TFI existe en plus d’une version, et de nouvelles versions continuent à s’ajouter aux premières. Un autre avantage de ce test est qu’il est accessible dans la plupart des pays du monde, de sorte qu’il est possible d’exiger des candidats qui sont à l’étranger de réussir le test avant de se déplacer vers le Canada.

Les études menées par le CCE en 2004-2005 ont permis d’établir la corrélation entre les seuils exigés au test Laval et les résultats au TFI, et donc, en collaboration avec l’admission et le vice-rectorat aux études, de fixer les seuils de réussite au nouveau test : pour les programmes qui exigeaient 70 % au test Laval, on demande 785/990 au TFI; pour ceux qui exigeaient 83 %, le seuil est établi à 850/990. La Faculté des études supérieures et postdoctorales, pour sa part, a adopté le seuil de 785/990.

Modifications au règlement pédagogique en 2006

Avant 2006, bien que les annuaires et guides d’admission n’en aient pas toujours fait mention, l’exigence de réussir le test Laval, pour les candidats non francophones, s’est déjà appliquée à l’ensemble des programmes. Il existait en effet un troisième seuil, inférieur aux deux autres, que devaient atteindre les candidats dont les dernières années d’études précédant la demande d’admission n’avaient pas été faites en français. Ce seuil étant atteint par la grande majorité des étudiants testés, on a abandonné la procédure d’évaluation pour les programmes dont le seuil de réussite au test était le moins élevé.

Cependant, depuis la fin des années 90, la communauté étudiante de l’Université de Montréal s’est grandement diversifiée, sur le plan linguistique, entre autres. Il est donc devenu essentiel de vérifier que les candidats admissibles avaient une connaissance du français suffisante. C’est la raison pour laquelle, à compter de 2006, la réussite au test de connaissance du français a été obligatoire, pour les candidats visés par le règlement, pour l’ensemble des programmes de premier cycle. Un troisième seuil a été adopté pour le TFI, en deçà duquel un candidat ne peut désormais être admis dans aucun programme : 605/990. Les candidats à des programmes ayant des exigences de maîtrise du français particulières, comme les programmes en communication, traduction, journalisme ou rédaction, ainsi que les candidats au programme de français, langue seconde, pour non-francophones, passent toujours des tests spécifiques à leur programme.

Ayant établi les règles de passation en collaboration avec le Service de l’admission et du recrutement, le CCE convoque les candidats du premier cycle qui doivent passer le test, conformément à son mandat. Dans le cas des cycles supérieurs, ce sont les directions de programmes qui, conjointement avec la Faculté des études supérieures et postdoctorales, ont la responsabilité de désigner au CCE les candidats devant passer le test.

Autres épreuves

Le TFI est un test de compréhension de la langue. L’expression fait appel à d’autres compétences, particulièrement importantes dans la poursuite d’études universitaires en français. En réponse à la demande de certaines facultés qui avaient constaté l’existence de lacunes chez leurs étudiants, le CCE a proposé d’ajouter au TFI une production écrite, dont le résultat serait exprimé sous la forme d’un niveau de cours de français, langue seconde. L’expérience a été concluante, et elle a été étendue à toutes les passations. L’expression Test de français d’admission (TFA) désigne l’épreuve constituée du TFI et de la rédaction.

Certaines facultés, comme Sciences de l’éducation et Sciences infirmières, ont même inclus un niveau minimum à la rédaction dans leurs conditions d’admissibilité; d’autres exigent que certains de leurs étudiants suivent et réussissent des cours d’appoint pendant la première année de leur programme. C’est le cas de la Faculté des arts et des sciences qui, dès 2006, a demandé que tous ses étudiants dont les résultats au TFI atteignaient 605/990 mais non 785/990 suivent un ou deux cours de français, selon leur résultat à la rédaction. L’étudiant admis à l’Année préparatoire aux études universitaires, pour sa part, peut devoir faire plus de deux cours de français, langue seconde, selon son niveau. D’autres facultés ont commencé elles aussi à utiliser en ce sens le résultat à cette production écrite.

À la Faculté des sciences infirmières, en plus du TFI et de la rédaction, les candidats ont dû pendant quelques années atteindre un certain niveau à une entrevue orale. Cependant, étant donné les seuils exigés au TFI et à la rédaction pour l’admission dans les programmes de cette faculté, l’évaluation de l’expression orale s’est révélée superflue et a été abandonnée.


Maîtrise du français

Test de français Laval-Montréal (TFLM)

Le TFLM comporte 66 questions à choix multiple couvrant divers aspects de la langue : orthographe usuelle et orthographe grammaticale, syntaxe, ponctuation, vocabulaire. Le seuil de réussite au test est généralement de 60 % et des résultats inférieurs entraînent prescription d’un ou de deux cours d’appoint.

Condition d’obtention du diplôme de 1989 à 2000

Jusqu’en 2000, le règlement prévoyait que tous les nouveaux étudiants – y compris ceux qui avaient dû réussir le test d’évaluation de la connaissance du français – passent le TFLM.  En étaient exemptés les étudiants qui avaient réussi l’Épreuve de français du collégial, donc, à compter de 1998, la majorité des candidats admis. Les étudiants qui n’obtenaient pas 60 % à cette épreuve devaient suivre et réussir le ou les cours prescrits pour obtenir leur diplôme.

Ce règlement a été modifié en 2000 pour faire place à la Politique de la maîtrise de la langue française dans les études. Depuis, de nouveaux règlements sur la connaissance et la maîtrise du français ont été intégrés au Règlement sur les études de premier cycle.

Test de classement pour certains programmes, test d’admission pour d’autres

La réussite au TFLM est actuellement une condition d’admissibilité aux programmes de traduction de la Faculté des arts et des sciences et l’a déjà été pour certains programmes de la Faculté des sciences de l’éducation. Maintenant le test sert essentiellement, dans cette faculté, à évaluer les besoins en cours d’appoint pour les nouveaux admis.

La Faculté des sciences infirmières exige, elle aussi, que le français de tous ses étudiants soit évalué : selon le parcours linguistique des candidats, l’évaluation se fait au moyen du TFI et d’une rédaction, pour les non-francophones, ou par le TFLM, pour tous les autres candidats, y compris ceux qui ont obtenu un DEC en français.

Les étudiants de l’Année préparatoire aux études universitaires considérés comme francophones doivent, eux aussi, faire le TFLM et suivre, le cas échéant, le ou les cours qui leur sont prescrits.


Le français à l’Université de Montréal

Les pratiques actuelles en évaluation du français, pour l’admission ou le perfectionnement, résultent soit d’exigences de longue date adaptées aux instruments de mesure actuels, soit d’exigences nouvelles fixées par les facultés et mises en place par le CCE en collaboration avec elles. Les facultés font appel au CCE pour raffiner leurs critères en ce qui concerne l’évaluation de la connaissance ou de la maîtrise du français de leurs étudiants et modifient leur règlement pédagogique pour qu’il reflète mieux leurs attentes dans ce domaine.

Pour l’Université de Montréal, la maîtrise du français est une compétence transversale essentielle à une formation universitaire de qualité, car ne l’oublions pas, la langue est non seulement un instrument de communication, mais aussi un outil de développement et de structuration de la pensée.


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